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LE MURMURE DE L'ARBRE TOMBÉ

QUAND LA TERRE NOUS APPREND À LAISSER PARTIR


L’autre jour, en me promenant en forêt, je me suis arrêtée près d’un arbre où j’ai l’habitude de m’adosser et d’échanger avec lui.


Mais ce jour-là, j’ai eu un grand choc… 
Cet hêtre, si grand, si fort, si majestueux, était à terre.


Comment cela pouvait-il être possible ? Cet arbre était si sain, si robuste…
Et pourtant, un grand coup de vent l’avait déraciné.


Touchée de le voir ainsi, je me suis empressée d’aller vers lui et de le “consoler”.


Je lui ai demandé : « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? »


Et il m’a simplement répondu : « C’est la fin d’un cycle. »


Mais je le sentais encore si plein de vie et tellement présent. 


Et, c’est là que j’ai compris… 
Même effondré, il continuait de rayonner. 
Même à travers un effondrement, une perte ou une fin, la vie continue.


Puis il s’est adressé à moi :
 « Toi aussi, tu dois laisser partir ce qui appartient au passé.


Même si des liens te retiennent encore, ils t’empêchent d’avancer vers ce vers quoi tu tends aujourd’hui. »


Je l’observais, là allongé sur la terre froide de l’hiver, son tronc reposant dans une immobilité presque solennelle.


Et pourtant… rien n’évoquait la fin.


Autour de lui, la forêt semblait s’être rapprochée, comme pour le recueillir. Mousses, feuilles, brindilles et petites vies invisibles venaient doucement enlacer son corps, comme pour honorer son passage.


Ses racines, mises à nu, révélaient un abri inattendu, un refuge presque sacré… comme s’il avait, dans sa chute, créé un nouvel espace de vie.


Dans sa chute, il n’avait pas disparu…
Il avait simplement changé de forme, offrant désormais un autre sanctuaire à la vie.


L’univers nous pousse toujours, même à travers ce que nous craignons de l’inconnu. 
Par tous les moyens, même face à nos plus grandes résistances, il nous fait avancer.


Après ce moment de tristesse, j’ai pu ressentir à nouveau la vie, 
grâce à sa présence et à son énergie persistante, malgré sa chute.


Là où tout semble tomber, la vie s’ancre autrement, doucement portée par le souffle du vent qui enseignent l’art de renaître au nouveau.




 
 
 

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